À QUOI ON JOUE ?

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C’est l’histoire d’un enfant, qui s’amuse à faire la guerre sans se rendre compte que c’est la réalité qu’il met en scène.

C’est l’histoire d’un adulte, qui se plonge dans l’Histoire. Lui non plus ne se rend pas compte. Il se croit grand. Il ne réalise pas que c’est un enfant.

Si l’image est le cœur de ce projet, le texte lui, en est l’esprit. J’y vois une proposition de lecture d’image et de texte, de texte et d’image. Le parallèle des deux créant le contraste.
C’est une volonté de récit.

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CHARNEL OF THE BRITISH-INFANTERY  240x140cm

Au déclenchement de la guerre en 1914, l’armée britannique envoya sur le continent près de 700 000 hommes composant six divisions d’infanterie et une de cavalerie. L’e ort de guerre pouvait paraître modeste comparé aux quelques 1 650 000 français mobilisés mais c’est ou- blier qu’à l’époque, la BEF (British Expeditionary Force) recrutait sur la base du volontariat.

Ces milliers de fantassins, ainsi que ceux qui les rejoignirent par la suite, durent faire face pendant quatre années à la terrible guerre des tranchées, à sa violence sourde et permanente, à ses maladies, ses épidémies, à ses vagues d’attaques suicidaires ordonnées par la hiérarchie, aux premières armes chimiques.

Si la confrontation terri e, son attente indé nie rend fou. Le couperet est libéré de ses en- traves, reste à savoir de quelle hauteur il tombera.
La BEF compta 673 375 morts et portés disparus dans le contingent des victimes militaires de la première guerre mondiale.

Sans pour autant y laisser de corps en pâture, pour ceux qui y tombèrent comme pour les quelques uns qui en sortirent, les tranchées furent le charnier où croupirent les âmes de toute une génération de jeunes européens.

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CHAMP D’HONNEUR 80x110cm

Tombés comme une poignée d’épines de pain jetées au hasard dans la neige fraîche, ils s’entassent par paquets ou, au contraire, dorment isolés dans un coin de la clairière.

Le froid et la glace les ont pétrifiés à l’endroit de leur ultime souffle, parfois au côté même de ceux qu’ils combattaient encore quelques minutes auparavant.

Certains, la plupart, se sont retournés dans un dernier effort afin de porter leur regard une dernière fois vers le ciel, chassant de leur vision les morts alentour pour garder en mémoire la seule once de paix perceptible. Les troncs d’arbres ondulant lentement dans le vent de l’hiver libérant par vaguelettes quelques grammes d’une neige fine et paisible.

La mort a le pouvoir de réunir les couleurs dans un dernier élan de fraternité. Car, une fois celle-ci passée, tombent alors dans l’oubli les motivations, les enjeux, les intérêts.

La mort ne fait pas de politique, la politique elle…

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HMS HOOD 140x100cm

Le 24 mai 1941 à 5h du matin, l’amiral Holland ne dort pas, il observe la tôle rivetée de sa cabine et songe à l’épaisseur de celle-ci. Quelques centimètres d’acier blindé qui les sépare, son équipage et lui, de l’eau glacée du détroit du Danemark où ils croisent depuis quelques heures dans l’attente de l’affrontement.

C’est cet insuffisant blindage qui constituait la grande faiblesse du croiseur de bataille HMS Hood, l’amiral le savait et l’amirauté en avait connaissance depuis bien plus longtemps encore, sans jamais avoir engager le projet de refonte nécessaire.

Et maintenant que la guerre était déclarée, il n’en était de toute façon plus question. Toutes les forces avaient été mobilisées, dans l’état où elle se trouvaient.

Il est 5h05 au matin du 24 mai 1941 lorsque trois coups résonnent à la porte de la cabine de l’amiral Hood. Son capitaine de vaisseau n’attend pas l’autorisation de son supérieur et ouvre la porte de la cabine pour informer l’amiral que le cuirassé allemand Bismark est en vue.

55 minutes plus tard, un obus adverse transperça le trop faible blindage au niveau de la soute à munitions qui explosa instantanément. La boule de feu émise fut haute de plusieurs centaines de mètres. Le HMS Hood, littéralement brisé, coula dans les quelques minutes qui suivirent.

Sur les 1419 hommes d’équipage, trois survécurent.

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PEARL HARBOR 60x60cm

À bord de son Aichi E3A, le pilote de la flotte aérienne japonaise survole ce qu’il reste de Pearl Harbour après l’attaque effectuée au petit matin. Sa mission en ce soir du 7 décembre 1941 est de constater l’ampleur du succès de la marine impériale, d’estimer le temps probable de riposte des américains et, bien sûr, de rendre compte dans le détail.

Comme espéré, les dégâts étaient très importants et la plupart des navires qu’il apercevait quelques centaines de mètres en dessous de ses pieds avaient été, sinon coulés, du moins sérieusement endommagés. Vus d’ici, les panaches de fumées qui se dégageaient ça et là, ressemblaient à de vulgaires feux de paille, mais bien conscient de la puissance de tir de son artillerie, le pilote savait l’enfer que les troupes américaines devaient subir là, au sol. Aucun mouvement de bâtiment ennemi ne semblait avoir été effectué depuis le petit matin et pour cause, très peu de l’installation américaine paraissait opérationnelle. Les États Unis pansaient leurs plaies et faisaient le deuil de la paix.

Demain la guerre serait déclarée.

Le pilote inclina son manche, engagea un demi tour en léger piqué, il se positionna à 2500 pieds et arma la chambre photographique situé dans la soute de son appareil. Un deuxième passage était toujours recommandé afin de satisfaire les services de renseignement de clichés étayant sa propre analyse. Il appuya sur la gâchette.

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